Taxation des indemnités journalières des victimes du travail : de quelle justice parle-t-on ?
Communiqué FNATH national du 23/09/2009
Le ministre du Budget Eric Woerth a estimé mercredi que ce serait une "mesure de justice" d'imposer les indemnités journalières versées aux salariés victimes d'accidents du travail
Dont acte, s’il faut placer ce débat sous l’angle de la justice sociale, la FNATH se doit d’abord de rappeler au Ministre et à M. Copé qu’avant d’être accidentés, malades ou handicapés, ces travailleurs ont contribué, au prix de leur santé, à la richesse nationale par leurs cotisations et leurs impôts.
Les victimes du travail ne sont donc ni parasites, ni des profiteurs.
Contrairement à ce qui est avancé, les IJ versés aux victimes du travail ne sont pas un revenu de remplacement mais la réparation d’une perte de salaire due à une incapacité de travailler du fait d’un risque professionnel et de conditions de travail déplorables.
Contrairement à ce qui est avancé, tous les salariés ne perçoivent pas l’intégralité de leurs salaires après un accident du travail car tous, et loin de là, ne bénéficient pas des avantages d’une prévoyance d’entreprise (travailleurs précaires, travailleurs au sein des TPE, travailleurs à domicile).
Contrairement à ce qui est avancé, si les IJ versés aux accidentés du travail ont été exonérés d’impôt, c’est d’abord parce que l’indemnisation qui leur est allouée est bien inférieure à celles qui sont versées aux accidentés de la route, aux victimes d’infractions, aux victimes d’un accident médical. Si le Gouvernement souhaite plus de justice, la FNATH lui demande alors de faire preuve de plus de courage et morale et de moins de cynisme ! C’est bien de courage dont il question dans cette affaire car il lui faut expliquer clairement à nos concitoyens les raisons pour lesquelles il fait le choix d’imposer les victimes et leurs familles pour 150 millions d’euros, alors qu’il refuse de réclamer aux employeurs le milliard d’euros annuel dus à l’assurance maladie au titre de la sous déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles. C’est bien de morale dont il question dans cette affaire car il faut expliquer à nos concitoyens les raisons pour lesquelles il refuse de réformer un dispositif d’indemnisation insuffisant et limité, qui date de 1898, et qui interdit à un tétraplégique d’aménager son logement par exemple. C’est bien de cynisme dont il question dans cette affaire car il faut expliquer à nos concitoyens les raisons pour lesquelles la taxation des « vraies » niches fiscales ne font l’objet que de mesurettes sans impact réel pour les plus favorisés. Les victimes du travail souhaitent être traitées comme les autres victimes mais sur tous les plans
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